On continue à proposer des petits textes courts, pas "prise de tête" sans être minimalistes ou "spontanés" ("Ce que le spontané ramène à la surface, c’est toujours du banal" Roland Barthes). N’hésitez pas à nous proposer d’autres supports de réflexions de vacances.
Aujourd’hui, il s’agit simplement de proposer trois extraits de textes qui proposent une explication de ce que l’humanité est devenue depuis qu’elle a quitté la palabre, la déambulation et la cueillette... Excusez du peu !
D’abord l’extrait complet de l’entrée du Manifeste de Marx et Engels, renforcé par la suite de la célèbre phrase, qui éclaire le tout et qui est TOUJOURS tronquée :
« L’histoire de toute société jusqu’à nos jours n’a été que l’histoire des luttes de classes. Homme libre et esclave, patricien et plébéien, baron et serf, maître de jurande et compagnon, en un mot oppresseurs et opprimés, en opposition constante, ont mené une guerre ininterrompue, tantôt ouverte, tantôt dissimulée, une guerre qui finissait toujours soit par une transformation révolutionnaire de la société tout entière, soit par la destruction des deux classes en lutte. »
Comment cela démarre t-il ?
Un autre extrait de Marx :
« Quand, grâce à de rudes labeurs, les hommes sont parvenus à s’élever au-dessus de leur premier état animal, que, par conséquent, leur travail est déjà dans une certaine mesure socialisé, alors, et seulement alors, se produisent les conditions où le surtravail de l’un peut devenir une source de vie pour l’autre, et cela n’a jamais lieu sans l’aide de la force qui soumet l’un à l’autre. (…) Le travail doit donc posséder un certain degré de productivité avant qu’il puisse être prolongé au-delà du temps nécessaire au producteur pour se procurer son entretien ; mais ce n’est jamais cette productivité, quel qu’en soit le degré, qui est la cause de la plus-value. Cette cause, c’est toujours le surtravail, quel que soit le mode de l’arracher »
Et enfin une description brillante et synthétique du processus infernal qui conduisit au capitalisme. Un extrait de Sapiens de Yuval Noah Harari :
« …Partout surgirent des souverains et des élites qui se nourrirent du surplus des paysans et leur laissèrent juste de quoi subsister.
Ces surplus de nourriture confisqués alimentèrent la vie politique, la guerre, l’art et la philosophie, permettant de bâtir palais, forts, monuments et temples.
Jusqu’à la fin des Temps modernes, plus de 90 % des hommes et des femmes étaient des paysan(e)s qui se levaient chaque matin pour cultiver la terre à la sueur de leur front.
L’excédent produit nourrissait l’infime minorité de l’élite qui remplit les livres de l’Histoire : rois, officiels, soldats, prêtres, artistes et penseurs.
L’Histoire est une chose que fort peu de gens ont faite pendant que tous les autres labouraient les champs et portaient des seaux d’eau. »
Bon été à toustes.
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