En ces périodes de grandes chaleurs, on peut profiter d’une diminution des activités physiques pour mettre au travail des textes divers, faire travailler nos méninges, pour mieux nous préparer aux enjeux terribles qui nous attendent....
Nous vous proposons là un extrait de l’excellent bouquin de Michael Heinrich (la référence plus bas) qui met en questions (entre autres !!) et réflexions un des concepts les plus galvaudés et surtout les plus déformés du marxisme, dans nos milieux critiques : l’exploitation.
Qu’es-ce que l’EXPLOITATION ?
« Le terme d’exploitation ne désigne pas des salaires particulièrement bas ou des conditions de travail particulièrement mauvaises. L’exploitation désigne uniquement le fait que les producteurs ne reçoivent qu’une partie de la valeur qu’ils ont produite — sans considération pour le niveau de salaire ou la qualité des conditions de travail.
Contrairement à la notion largement répandue et à de nombreuses affirmations de « marxistes », l’exploitation n’est pas non plus une catégorie morale. Il ne s’agit pas d’affirmer qu’il est pris aux travailleurs quelque chose qui « en fait » leur appartiendrait (cf le slogan de la CGT "tout est à nous, rien n’est à eux" ! note Médiathèque), et que cette spoliation aurait quelque chose de moralement condamnable.
De la même manière, parler de travail « payé » et de travail « non payé » ne veut pas dire qu’il faudrait qu’en fait « tout » le travail soit payé .
Bien au contraire, Marx insiste sur le fait que — conformément aux lois de l’échange marchand — le vendeur de la marchandise force de travail reçoit exactement la valeur de sa marchandise. Que l’acheteur tire un certain avantage de la valeur d’usage de cette marchandise ne concerne plus le vendeur. Marx fait la comparaison avec un marchand d’huile : celui-ci reçoit une somme d’argent pour la valeur de l’huile, mais rien de plus pour la valeur d’usage de l’huile .
L’« exploitation » et l’existence de « travail non payé » ne résultent pas d’une violation des lois de l’échange marchand, elles sont bien plutôt en adéquation avec elles. Par conséquent, on ne peut pas abolir l’exploitation en réformant les rapports d’échange au sein du capitalisme, mais seulement en mettant fin au capitalisme. »
Extrait de "Critique de l’économie politique : Une introduction aux trois livres du Capital de Marx" de Michael Heinrich. Editions Smolny, 2021
Cet ouvrage est disponible en prêt à la Médiathèque de Mille Bâbords
COMMENTAIRES
La réfection du site ne nous permet pas encore de créer une page "commentaire" à la suite de nos articles.
Si vous voulez commenter cet article ou n’importe lequel du site, écrivez nous à :
contact chez millebabords.org